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La Rénovation des Sites d’activité économique désaffectés

Objectifs.

La loi du 27 juin 1978 relative à la rénovation des sites d’activité économique désaffectés avait pour objectif essentiel d’assurer l’assainissement ou la rénovation des friches industrielles qui parsèment la plupart du temps les quartiers urbanisés du sillon industriel wallon.

Visant initialement les friches industrielles, son champ d’application a progressivement été élargi à l’ensemble des sites où une activité économique avait eu lieu et qui sont désaffectés ou bien encore ont été réaffectés de manière précaire.

Nombre de ces sites défigurent en effet nos quartiers urbains, gelant des surfaces parfois considérables qui pourraient être utilisées à d’autres fonctions au plus grand bénéfice des populations locales. De plus, ces friches ont souvent un effet de repoussoir vis-à-vis de l’investissement privé en négativant l’image extérieure du quartier qu’elles déparent.

La matière est actuellement régentée par les articles 167 à 171 du Code wallon de l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme et du Patrimoine.

Actions subventionnables.

Les travaux subventionnables aux termes de la réglementation sont ceux qui concourent à permettre une réaffectation du bien ou, à tout le moins, à supprimer le chancre qu’il constitue.

Tous les travaux de démolition sont donc pris en charge de même que les travaux de remise en état de l’enveloppe extérieure (mise hors-eau) du bâtiment sont également subventionnables.

Ce dispositif réglementaire constitue en fait un outil particulièrement utile à la réimplantation de logements et tout particulièrement de logements sociaux dans les noyaux d’habitat.

En effet, les sites d’activité économique désaffectés sont la plupart du temps situés au coeur même des îlots d’habitats ou, à tout le moins, fortement imbriqués dans ceux-ci.

Ils peuvent généralement être acquis à des conditions financières extrêmement intéressantes eu égard à leur situation géographique.

La viabilisation des sites d’activité économique désaffectés pose néanmoins de sérieux problèmes dans la mesure où les coûts de démolition sont souvent fort élevés à cause notamment des précautions à prendre pour préserver le bâti environnant.

C’est la raison pour laquelle la Région prend entièrement à sa charge les coûts de démolition et de viabilisation des terrains sur lesquels existent de telles friches. De la sorte, les communes, CPAS, Intercommunales, société locales d’habitations sociales, peuvent se rendre propriétaires dans des conditions financières tout à fait acceptables de vastes terrains constructibles situés au coeur même des noyaux d’habitat.

Taux de subvention.

a. acquisitions.

L’aide à l’acquisition se compose de deux parties :

  • 50 % de la valeur du site (frais d’acquisition compris) liquidés lors de l’achat ;
  • 100 % des annuités de remboursement (principal et intérêt) d’un emprunt contracté pour une durée de 20 ans pour couvrir le solde et ce, durant les 5 premières années.

b. travaux.

La réglementation actuelle prévoit un taux de subvention unique de 100 % du coût des travaux, qu’il s’agisse de travaux d’assainissement ou de rénovation.

Deux taux de subvention différents devraient toutefois bientôt être appliqués (dès l’entrée en vigueur des nouveaux arrêtés d’application) selon qu’il s’agisse :

  • de travaux d’assainissement qui continueraient à être subventionnés à 100 % ;
  • de travaux de rénovation pour lesquels le taux de subvention serait ramené à 60 % comme dans la plupart des autres législations.

Procédure.

La procédure de rénovation des sites d’activité économique désaffectés est relativement longue et complexe ; elle est expliquée en détail dans les articles correspondants du CWATUP.

Très schématiquement, la procédure comporte trois phases successives :

  • phase 1 : prise d’un arrêté ministériel constatant l’existence d’une site d’activité économique désaffecté ;
  • phase 2 : prise d’un deuxième arrêté ministériel décidant la rénovation du site ;
  • phase 3 : convention entre la Région et le propriétaire prévoyant le type de travaux à réaliser ainsi que le montant de l’intervention régionale.

Les problèmes de zonage des plans de secteur.

Il est fréquent que les terrains encombrés par les friches industrielles et autres sites d’activité économique désaffectés soient situés au plan de secteur en zone industrielle ou en zone d’activité économique mixte.

L’évolution des modes de vie a fait que cette affectation est devenue, au fil des années, complètement obsolète, voire totalement inadaptée. La plupart du temps ces terrains doivent être réaffectés à des fonctions de services, de logements ou d’espaces verts.

Une modification du plan de secteur ou un Plan Communal d’Aménagement (PCA) modificatif du plan de secteur seront alors nécessaires.

La législation a donc prévu à cet effet une procédure accélérée permettant de délivrer rapidement des permis de bâtir conformément à la nouvelle affectation décidée pour la zone concernée par l’assainissement.

L’article 168 §5 du CWATUP définit les modalités pratiques de cette procédure accélérée.

Références légales.

Les Sites d’Intérêt Régional (SIR)

Objectifs de l’outil.

La procédure prévue par les articles 167 à 171 du Code (assainissement des sites d’activité économique désaffectés) est extrêmement lourde et excessivement longue.

De plus, la loi originelle (29.06.1978) comportait une disposition coërcitive qui permettait de faire pression sur le propriétaire d’une friche industrielle. Dans l’hypothèse où celui-ci ne formulait aucune proposition acceptable d’assainissement ou de rénovation de son bien, le Ministre pouvait solliciter du tribunal de 1ère instance la mise en vente forcée du bien, laquelle était accompagnée d’un cahier de charge imposant à l’acheteur les nécessaires travaux d’assainissement.

Un arrêt de la cour d’arbitrage a toutefois annulé cette disposition, vidant ainsi la loi de 78 de son seul élément de persuasion tout en laissant inchangées les dispositions qui constituaient la cause de sa lourdeur.

Il fallait donc créer un nouveau dispositif permettant d’agir (efficacement cette fois) sur les chancres industriels et urbains qui ternissent l’image de marque de la Région.

Le concept de « Site d’Intérêt Régional » a donc été créé pour rencontrer cet objectif.

Il s’agit (par définition) d’une législation d’exception dans la mesure où elle ne peut être appliquée qu’à des biens figurant sur une liste fermée arrêtée par le Gouvernement.

Pour ceux-ci, une procédure raccourcie a été prévue (article 182 § 1 du CWATUP) qui permet au Gouvernement, au travers d’un seul arrêté :

  • de déclarer que le site doit être assaini ;
  • d’en définir le périmètre ;
  • de décréter l’utilité publique de l’expropriation ;
  • de prendre à sa charge les travaux d’assainissement.

Procédure.

La procédure doit en principe être menée par les services du Gouvernement (administration) qui en assume donc la totalité du coût.

Une mission déléguée peut toutefois être confiée à une intercommunale qui, en cette occurrence, sera subventionnée à concurrence de 100 % des frais exposés.

Références légales.

Article 182 § 1 du Code wallon de l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme et du Patrimoine.

Contact.

Michel Dachouffe, Directeur
Direction de l’Aménagement opérationnel
Rue des Brigades d’Irlande, 1 à 5100 JAMBES
Tél: 081/33 22 90 Fax: 081/33 24 13 Email: m.dachouffe@mrw.wallonie.be